Environ 30 minutes ont suffi à l’ADG Kalej Nkand pour faire une carte postale de la Gécamines et donner un aperçu concis et détaillé des objectifs et perspectives de la direction du géant minier qui est en plein éveil. Cette ancienne entreprise publique, aujourd’hui muée en Sarl, société par actions à responsabilité limitée depuis le 29 décembre 2010, reste la première et la plus grande société minière du pays quant à son potentiel et à son avenir. La Gécamines va se relancer et devenir son propre opérateur minier. Pour cela, la société ne va plus privilégier les partenariats, mais compte plutôt sur le développement de ses propres projets d’exploitation minière. Elle va relancer l’exploration et la prospection longtemps restées en veilleuse, produire des métaux grâce à de nouvelles technologies et les commercialiser elle-même. Le plan de relance du géant minier est basé sur un programme qui prévoit un investissement de près d’un milliard et demi USD. Ce montant est destiné à résorber le retard de prospection, à réhabiliter et rentabiliser l’outil de production, à moderniser ses installations afin de monter sa production à 100.000 tonnes de cuivre et 6.000 tonnes de cobalt
Aujourd’hui, elle fait face à un lourd endettement évalué à environ 1,5 milliard de USD, une main d’œuvre pléthorique par rapport au niveau d production (environ 9.700 travailleurs), une insuffisance de la main d’œuvre qualifiée dans les secteurs techniques de production, conséquence de l’opération « départ volontaire » et l’implantation dans la province de nouvelles sociétés minières. L’actuelle main d’œuvre de la GCM est âgée avec une moyenne de 51 ans.
Il faut former de nouveaux cadres et agents. L’outil de production est désuet, voilà pourquoi la société a lancé l’implantation d’une usine d’exploitation par solvant. Les concentrateurs, les unités hydro et pyrométallurgiques (Kolwezi, Kambove, Panda, Shituru, Lubumbashi…) vont nécessiter 436 millions USD. Il faudra près de 72 millions USD pour la relance de la prospection.
Les unités d’appui et de production d’intrants (AO, Latreca, carrière de Kakontwe, Acide, Chaux, castine, charbon…) prendront environ 150 millions USD.
A l’aube de cette nouvelle année 2012, je tiens à vous féliciter pour la discipline, l’assiduité et le dévouement dont vous avez fait preuve au travail, malgré la situation financière précaire dont notre Société a souffert tout au long de l’exercice 2011.
Les matériels tels que les pelles, les sondeuses et arroseuses demandent 15 millions USD. Pour réaliser sa relance, la GCM compte s’appuyer sur ses gisements dont celui de Kamfundwa.
La Gécamines opère en partenariat depuis 1995. La GCM Sarl hérite de près de 33 joint ventures dont la plupart sont en phase d’exploration. L’ADG Kalej Nkand compte renforcer la gestion des partenariats. Les revenus se faisaient attendre et les contrats étaient déséquilibrés. La GCM a ainsi initié en juin 2011 une vérification limitée des partenariats qui se fera par le truchement d’une société d’audit privée. Kalej Nkand a rassuré les partenaires de la GCM sur ce point.
Les investissements réalisés, les financements, la production et la fourniture des services seront audités. L’ADG rassure ses partenaires : « Ce ne sera pas une autre revisitation des contrats miniers du genre de celle opérée par le gouvernement congolais. » Ce contrôle aura pour effet de garantir une meilleure mobilisation des revenus.
Le plan de relance étendu sur cinq ans est bien en marche et en bonne voie. Il faudra environ 1,5 milliard USD pour cet ambitieux et réaliste programme de relance. Déjà, de 2010 à 2011, la GCM Sarl a financé des travaux importants uniquement sur fonds propres. Voilà qui rassure, encourage et permet d’espérer.
Le message délivré par l’ADG de la GCM au forum Ipad a été rassurant et a réconforté les participants sur l’avenir du géant minier de la RDC. Cet exposé confirme que le comité de gestion navigue selon un plan clair et précis qui donne une bonne visibilité sur les perspectives d’avenir. De quoi rassurer les congolais sur le futur de cette société. Kalej Nkand aura gagné le pari de la communication.
ECO.NEWS, octobre 2011, pages 1, 2,5.